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深秋帘幕千家雨,落日楼台一笛风Malheur à qui n'a plus rien à désirer ! Il perd pour ainsi dire tout ce qu'il possède. On jouit moins de ce qu'on obtient que de ce qu'on espère. Et l'on n'est heureux qu'avant d'être heureux. October 26 亲爱的外婆...过几天就是我生日了,便是您离开我九年的日子。若您还在,今天,现在,该是我们为您庆祝八十大寿吧...可是现在,我止不住泪水...我永远也无法报答你的爱...弥补不了我的愧疚... August 06 今夕何夕
真奇怪,过年到现在头一回可以没心事地好好休息几天,昨晚反倒睡了6小时就醒了。吃过午饭便神情恍惚起来,午觉醒来瞥了一眼闹钟,心想,真是5点吗?怎么比昨天还早?待到回过神来,顿觉能睡到不知今夕何夕的感觉还是很不错的J 话说那日到巴黎,折腾了半天上了RER后,车厢里好多巴黎高科的同学们由师兄师姐来接机,正巧他们学校也在卢森堡公园附近,便聊得不亦乐乎。不知不觉M.Cai率领蔡家军在Chatelet(也就是巴黎的人民广场)下车,高科同学在卢森堡公园下车,虽然车厢里一下子冷清了许多,但想陈璐jj和赵巍gg在Cite U等我,便很安心。过了罗斯福站,我拖着箱子在门口小坐,很快到了大学城,我像在上海一样乖乖地等着车门打开,不料它纹丝不动,我左看右看没人下车,心想,不会额骨头碰到天花板了吧,碰到我下车门就坏了?正思量间车又开动了,哎呀,本来跟陈璐jj说好不用到戴高乐来接我的,我肯定找得到的,没想到最后一刻居然坐过站了!!这时才发现门上有个按钮,这不会是用来开门的吧?(后来才知道,巴黎地铁实在是年岁大了,按钮上的开门指示标记早已磨灭),后一站Gentilly我按了一下按钮,门依然纹丝不动,这下我可急了,待隔壁门的黑人大哥出去后,我才知道我对这按钮过于温柔,猛地一按,终于得以跳下火车。事后才知,这有如巴黎的生活法则,自己的权益只能靠自己维护,太过温柔好心,便有人欺负到你头上来。 红着脸呼叫陈璐jj和赵巍gg,原来他们已在大学城站候我多时,而且陈璐jj开始以为我前一天到巴黎,已连续两日早起了,真是让我过意不去啊!总算乘回Cite U,看到陈璐jj远远地就在站台上挥手跑来,赵巍gg帮我拖40斤重的大箱子,陈璐jj帮我背电脑包,我就像跟着自己的哥哥姐姐,脑子也不用动地回了家。真幸福(*^__^*) 嘻嘻……正巧那日身体不适,陈璐jj泡了杯红枣茶让我喝下,甜甜地睡了午觉,时差便转过来了。晚餐后散步,陈璐jj陪我去7号线终点站买了周票,游走巴黎终于要拉开序幕了!之后的两星期里,每次看到7号线我都倍觉亲切,那是可以带我回家的地铁,真的,陈璐jj和赵巍gg的家温暖得就像自己家里一样,真是太感谢他们了~~o(∩_∩)o… 明儿继续 7月6日巴黎,8月6日上海这个月好像比往常要长一些。每时每刻都计划好怎么用的日子果然比较不容易浪费生命。可惜一回家便懒散起来,算算回来也有一个多星期了,一晃眼嘛事没做就过去了。 在l’Ecole d’été的时候想,下次来交流务必带个电子词典来,轻便多了(不过话说回来,貌似只有亚洲人好这个,日本同学用得尤其勤快,欧美同学一律带的是纸质词典)。于是飞机上就想,要不挤点时间试试CASIO翻译吧,要是能换个电子词典能省不少钞票呢。跟Paul见面没多久他就好心地问我:“来巴黎觉不觉得手头紧啊?”那还用问,总想着能省就省点吧,不过我这人基本上属于省了芝麻丢了西瓜那一类……于是拖到截稿前一晚,打开电脑强迫自己坐下来码字。要是被M.Cai知道了又要说我“戆”了,不晓得早点完成让老师改一下。可是等我想起来总是到了最后一刻,想问、想改都没时间了。那就放在space上事后诸葛亮一下吧。
记得去年的原文看了便让人心潮澎湃,译着译着便自以为深得要义,忍不住自我发挥起来。今年倒中规中矩,可惜总觉得没有原文的那个味儿,平平淡淡的,自己读了也无趣,字典就更是妄想了。尤其是最后一句,到底该选crever的哪个意思呢?
原文 Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte. Ce n’est pas une raison pour ne pas se consoler, ce soir, dans les bruits finissants de la rue, se consoler, ce soir, avec des mots. Oh, le pauvre perdu qui, devant sa table, se console avec des mots, devant sa table et le téléphone décroché, car il a peur du dehors, et le soir, si le téléphone est décroché, il se sent tout roi et défendu contre les méchants du dehors, si vite méchants, méchants pour rien.
Quel étrange petit bonheur, triste et boitillant mais doux comme un péché ou une boisson clandestine, quel bonheur tout de même d’écrire en ce moment, seul dans mon royaume et loin des salauds. Qui sont les salauds ? Ce n’est pas moi qui vous le dirai. Je ne veux pas d’histoires avec les gens du dehors. Je ne veux pas qu’on vienne troubler ma fausse paix et m’empêcher d’écrire quelques pages par dizaines ou centaines selon que ce cœur de moi qui est mon destin décidera. J’ai résolu notamment de dire à tous les peintres qu’ils ont du génie, sans ça ils vous mordent. Et, d’une manière générale, je dis à chacun que chacun est charmant. Telles sont mes mœurs diurnes. Mais dans mes nuits et mes aubes je n’en pense pas moins.
Somptueuse, toi, ma plume d’or, va sur la feuille, va au hasard tandis que j’ai quelque jeunesse encore, va ton lent cheminement irrégulier, hésitant comme en rêve, cheminement gauche mais commandé. Va, je t’aime, ma seule consolation, va sur les pages où tristement je me complais et dont le strabisme morosement me délecte. Oui, les mots, ma patrie, les mots, ça console et ça venge. Mais ils ne me rendront pas ma mère. Si remplis de sanguin passé battant aux tempes et tout odorant qu’ils puissent être, les mots que j’écris ne me rendront pas ma mère morte. Sujet interdit dans la nuit. Arrière, image de ma mère vivante lorsque je la vis pour la dernière fois en France, arrière, maternel fantôme.
Soudain, devant ma table de travail, parce que tout y est en ordre et que j’ai du café chaud et une cigarette à peine commencée et que j’ai un briquet qui fonctionne et que ma plume marche bien et que je suis près du feu et de ma chatte, j’ai un moment de bonheur si grand qu’il m’émeut. J’ai pitié de moi, de cette enfantine capacité d’immense joie qui ne présage rien de bon. Que j’ai pitié de me voir si content à cause d’une plume qui marche bien, pitié de ce pauvre bougre de cœur qui veut s’arrêter de souffrir et s’accrocher à quelque raison d’aimer pour vivre. Je suis, pour quelques minutes, dans une petite oasis bourgeoise que je savoure. Mais un malheur est dessous, permanent, inoubliable. Oui, je savoure d’être, pour quelques minutes, un bourgeois, comme eux. On aime être ce qu’on n’est pas. Il n’y a pas plus artiste qu’une vraie bourgeoise qui écume devant un poème ou entre en transe, une mousse aux lèvres, à la vue d’un Cézanne et prophétise en son petit jargon, chipé çà et là et même pas compris, et elle parle de masses et de volumes et elle dit que ce rouge est si sensuel. Et ta sœur, est-ce qu’elle est sensuelle ? Je ne sais plus où j’en suis. Faisons donc en marge un petit dessin appeleur d’idées, un dessin réconfort, un petit dessin neurasthénique, un dessin lent, où l’on met des décisions, des projets, un petit dessin, île étrange et pays de l’âme, triste oasis des réflexions qui en suivent les courbes, un petit dessin à peine fou, soigné, enfantin, sage et filial. Chut, ne la réveillez pas, filles de Jérusalem ne la réveillez pas pendant qu’elle dort.
Qui dort ? demande ma plume. Qui dort, sinon ma mère éternellement, qui dort, sinon ma mère qui est ma douleur ? Ne la réveillez pas, filles de Jérusalem, ma douleur qui est enfouie au cimetière d’une ville dont je ne dois pas prononcer le nom, car ce nom est synonyme de ma mère enfouie dans de la terre. Va, plume, redeviens cursive et non hésitante, et sois raisonnable, redeviens ouvrière de clarté, trempe-toi dans la volonté et ne fais pas d’aussi longues virgules, cette inspiration n’est pas bonne. Ame, ô ma plume, sois vaillante et travailleuse, quitte le pays obscur, cesse d’être folle, presque folle et guidée, guindée morbidement. Et toi, mon seul ami, toi que je regarde dans la glace, réprime les sanglots secs et, puisque tu veux oser le faire, parle de ta mère morte avec un faux cœur de bronze, parle calmement, feins d’être calme, qui sait, ce n’est peut-être qu’une habitude à prendre ? Raconte ta mère à leur calme manière, sifflote un peu pour croire que tout ne va pas si mal que ça, et surtout souris, n’oublie pas de sourire. Souris pour escroquer ton désespoir, souris pour continuer de vivre, souris dans ta glace et devant les gens, et même devant cette page. Souris avec ton deuil plus haletant qu’une peur. Souris pour croire que rien n’importe, souris pour te forcer à feindre de vivre, souris sous l’épée suspendue de la mort de ta mère, souris toute ta vie à en crever et jusqu’à ce que tu en crèves de ce permanent sourire. ——Extrait du Livre de ma mère d’Albert Cohen 译文 每个人都是孤单的,谁也不在乎谁,每个人的痛苦都是一屿无人问津的荒岛。这倒让人有了自我慰藉的理由,今夜,街上的喧嚣渐渐淡去,是的,就在今夜,用文字慰藉自我。哦,可怜的失意人啊,坐在桌前用文字慰藉自我,坐在桌前且搁上电话,因为他害怕外面的世界。每个夜晚,电话搁上,他便俨然自觉是王者,外面那些坏人谁都别想进来,他们那么快就成了坏人,他们什么都没做就成了坏人。 这就如同初尝禁果或偷饮一杯小酒后的感觉,多么诡异的小小幸福,哀伤、蹒跚却温暖;同样地,此时此刻,独自一人在属于我的国度里书写,远离所有的坏蛋,多么幸福!究竟谁是坏蛋?我不会告诉你们。我不愿与外面的人们有任何瓜葛。我不愿有谁来打扰这份刻意营造的平静,不愿有谁来妨碍我随心所欲写上百十页,我的心便是我的命运。我下定决心告诉所有的画家,他们都是天才,否则他们便会噬咬你们。其实通常我对每个人都说他是迷人的。这就是我白天的德性。可是每逢夜晚或是晨曦初露,我想的还是那些。 你,我奢华的金笔,到纸上去吧,趁我韶华犹在,随意游走,悠悠铺展开不规则的轨迹,时而停留,恍如梦中,纵然笨拙,却矢志不移。去吧,我爱你,我唯一的慰藉,到那些纸上去吧;那儿,我凄凉地迎合自己;睨视它们反倒叫我满怀愁苦地快乐。是的,文字,我的王国,文字,一面安慰,一面报复。但是它们也无法把母亲还给我。无论它们如何热血沸腾,奔涌着直击太阳穴,无论如何芳香四溢,我写下的文字都唤不回我逝去的母亲。这是夜晚的禁题。退去吧,我在法国最后一次见到的母亲在世时的样子,退去吧,母亲的魂灵。 忽然,坐在工作台前的我,仅仅因为一切安然就绪,因为一杯热咖啡在手,外加一支适才点燃的烟,因为一枚功能正常的打火机,因为一支书写流畅的笔,因为离我的炉火和猫咪那么近,刹那间掠过一阵巨大的幸福,幸福得打动了自己。我可怜我自己,居然能像孩子一样拥有无边的快乐,我看不出这点到底有什么好。我可怜我自己,仅仅因为一支可写的笔就这样高兴,可怜我这副该死的心肠,竟然希望不再受伤,竟然希望攥住某个爱的理由活下去。有那么几分钟,我仿佛置身于一片适意的绿洲,并且享受着这滋味。可是不幸永远在那下面流淌,铭心刻骨。是的,那么几分钟,我享受着做个布尔乔亚的感觉,就像他们一样。人总是喜欢变成他们不是的那个样子。没有谁比一个真正的布尔乔亚女子更有鉴赏力了:她对着一首诗便可唾沫横飞,或是一见某幅塞尚的画作便好似灵魂附体,星星点点的白沫犹挂唇边,便开始用她独有的切口揣摩起来,这儿借一点,那儿偷一些,囫囵吞枣般,甚至都不曾理解,只听她滔滔不绝好一阵,说,这抹红色极富肉感。那你的妹妹,是不是同样性感?我不知道我在说些什么。那就让我们在留白处作幅画吧,小小一帧激起无限灵思,那是一幅慰藉人的画,神经衰弱的人不起眼的画,慢慢勾勒,盛下了他的决心和计划;小小一帧,便是奇特的岛屿,灵魂的国度,哀伤的绿洲沉思满盈,道道弧线紧紧相随,那是一幅近乎疯狂、精雕细琢、孩童般乖巧聪明、血脉相连的微不足道的画。嘘,耶路撒冷的姑娘们,不要叫醒她,别在她沉睡时叫醒她。 谁在沉睡?我的笔问道。是啊,谁在沉睡?若非我永远睡去的母亲;谁在沉睡?若非我的母亲,我痛苦之源的母亲…耶路撒冷的姑娘们,不要叫醒她,不要叫醒我早已深埋的痛苦,它安睡在那个不许我说出名字的城市公墓里,因为它和我长眠地下的母亲的名字是一对同义词。去吧,我的笔,变回草草疾驰、毫不犹豫的样子,理智些,重新打磨清晰的思路,在壮志中饱蘸笔墨吧,别画上长长的句读,悬停许久,这绝非巧思灵想。哦,我的笔,我的灵魂,骁勇振奋些吧,离开阴郁的国土,不再疯狂,近乎病态的、矫揉造作的疯狂!你啊,我唯一的朋友,我在镜子里凝视着的你,止住那一声声干巴巴的啜泣吧,平静地诉说你的母亲,青铜铸就的铁石心肠的母亲,既然你胆敢动这般念头,那就说吧,或是装作平静,谁知道呢?或许这只是个有待培养的习惯?用他们平静的方式诉说你的母亲吧,必要时轻轻吹声口哨,让自己相信一切并没有那么糟,尤其要微笑,千万别忘了微笑。用微笑欺骗绝望,用微笑继续存活,对着镜子微笑,在人前微笑,甚至对着这页纸微笑。带着比恐惧更叫人凝神屏息的悲哀微笑。微笑,让自己相信什么都不重要;微笑,为了强迫自己,假装存活;微笑,头顶悬着母亲逝去的利剑;微笑一辈子,直至满溢,直至这永不停歇的微笑要了你的命。 ——阿尔贝·科恩《母亲的书籍》节选 July 11 ^ . ^其实每天都有很多话想说,可是每天都有逛不完的巴黎,贴了照片又要出门了...呵呵,也许只能等回上海了再慢慢回忆吧:-)
住在陈璐jj这儿像自己家里一样亲切,周日搬去高师宿舍,大约要开始完全独立的生活了吧呵呵,加油! July 07 De CDG à Ivry sur Seine昨天清晨就到巴黎啦,比预计早了整整1小时!广播里不断响起:地面温度15摄氏度……哇,避暑来了
浦东机场巧遇蔡老师,兴奋自然难以言表,没想到……一大伙人顺利出关正往RER B赶去,只见M.Cai神色凝重——il a perdu son portefeuille et toutes ses cartes bancaires!哎,真是太不顺咯,还好M.Cai身边还带了不少实习小盆友们,bless all...
哎呀,快出门了,未完待续:-) December 12 海上花by罗大佑
是这般柔情的你 给我一个梦想
是这般深情的你 摇晃我的梦想
转身浪影汹涌没红尘
转身浪影汹涌没红尘
…… 禁不住马里法语的折磨,遂贴歌 August 31 依视路杯全国法语文学翻译竞赛竞赛最后一天:
凌晨四时终于敲下了最后一个字,看了镜子里浮肿的“海飞丝”,the last minute person决心痛改前非,再也不拖到那么晚了……只是看看自己译出的这点东西,还是觉得不知所云啊~
先录原文哈
UN PRÉSENT ÉTERNEL
Lire, c’est obéir à l’injonction des morts. Le texte littéraire cependant n’est pas la parole d’un sujet, aujourd’hui disparu, et qui s’y serait conservée ; lire n’est pas entendre : personne ne parle. Ne parlent que les vivants : les morts se taisent. Ils se taisent, mais au coeur de leur silence quelque chose est caché, qu’il faudrait appeler le sentiment mélancolique de l’immortalité. La littérature n’est apparue comme telle que chez des hommes incertains de leur survie spirituelle, et de la survie de leurs oeuvres ; persuadés d’un côté que tout ne meurt pas avec eux ; possédés cependant d’un doute que rien ne peut vaiement leur ôter : et si tout cela n’était qu’un mensonge, qu’une belle fiction destinée à recouvrir de son mirage la réalité de la dissolution ? La littérature ne nous accorde aucun passage vers l’au-delà, encore moins le moyen d’en faire revenir ceux que nous aimons ; elle est cependant la figuration la plus complète que nous puissions avoir de la survie et de l’espérance douteuse qu’elle nous inspire. Qu’en est-il en effet du passé dans notre vie ? Il est mort – sans reste, et notre mémoire ni notre action ne peuvent le faire revivre. Dans les livres, l’accès au passé n’est ni l’accès à une chose morte ni non plus l’accès à une chose vivante. Comme le dit Faulkner, dans les livres, « le passé n’est pas disparu, il n’est même pas passé. » Pourquoi ? Parce que les livres n’ont affaire qu’à un passé fictif, le passé des choses fictives ; c’est de choses fictives que nous entretiennent des hommes vrais, les hommes réels que sont ou qu’ont été les auteurs. Mais les hommes réels disparaissent, tandis que les choses de la fiction ne sont pas soumises à la mort ; et un échange se fait : la fiction s’enfonce (fictivement) dans le temps ; l’auteur accède à une forme de survie. L’un prête à l’autre ce qu’il n’a pas. La fiction, son immortalité ; la parole, sa finitude. De là vient que lire, c’est toujours s’émouvoir et regretter, d’une part ; se réjouir et célébrer, de l’autre. Conjointement : la mort réelle et l’immortalité fictive. Et, bientôt, la mort et l’immortalité apprennent à séjourner ensemble : trans-figuration permanente, toujours inaccomplie, inachevée, se donnant toujours comme espoir et impossibilité ! Le passé n’est pas le passé : il n’est pas non plus le présent. Les livres constitutent donc une ouverture à un troisième ordre de l’être, l’éternité des choses qui ont passé par les mots. Ainsi le passé, dans les livres, n’est-il pas passé. En un sens, dans la littérature, il est devant nous, il est notre avenir. Le bénéfice des Lettres, de la littérature est donc de nous faire ainsi accéder à une autre conception du temps. Le passé n’est plus le royaume de la mort, il est celui des choses invisibles devenues visibles aux yeux de l’esprit. Par la littérature, l’assise d’un passé pourtant disparu est plus stable que ne l’est notre présent vécu, sauf dans les éphémères certitudes de l’amour, du mouvement violent, de la joie physique, du soleil éclatant, du bruissement de l’eau sous les arbres. Mais dans la vie vécue, le présent n’offre pas de prise ; il est la proie d’un mouvement constant qui nous jette vers l’avant, tandis que lui-même glisse vers l’arrière vers le gouffre, le néant, la perte. Le sentiment du temps écartèle notre âme prise dans cette tension contradictoire. En revanche, et en dépit – ou à cause ? – des temps grammaticaux dont elle use, le temps de la littérature est celui d’un éternel présent, répétable, et qui ne vieillit pas. Le présent pour nous est la figure de l’Apparaître. A travers l’expérience littéraire, c’est l’apparaître même qui change de sens. Dans le monde de l’existence vécue, apparaître n’a pas seulement la belle figure, inexplicable, innattendue, de la nouveauté ; apparaître est aussi lentement disparaître : par quelques-uns de ses traits la figure de l’avenir est une figure de dissolution. L’avenir ne vit pas encore ; c’est le non-être ; il est même fait de la dissolution du présent, promu lentement en passé proche, puis en passé lointain. Ce n’est pas le dévoilement d’un monde non encore visible ; c’est la suite mystérieuse donnée au passé, c’est la manière dont le présent se transforme avant de disparaître et de devenir passé. L’avenir, ce que nous appelons avenir, n’est rien d’autre que cela : une transmutation régulière qui soustrait à nos regards la partie émergée du temps. La littérature renverse cet ordre. Pour elle l’apparaître n’est pas le lot d’un avenir, d’un futur, ce qui est nouveau a déjà été, puisque je le raconte. Elle ne peut donc m’offrir, comme la vie vécue, aucune nouveauté radicale. La joie qu’offre la littérature est toujours une joie mitigée, faite de regret. Mais elle m’en offre une autre : l’avenir est une promesse faite au passé, une possibilité de résurrection. La littérature est le seul lieu où le passé a un avenir. Dans le temps courant de la vie, de l’expérience temporelle, nous nous réglons donc sur un obscur, un imparfait calcul des profits et des pertes. La disparition des choses tantôt est ressentie comme le prix à payer pour l’émergence du neuf, tantôt comme une douleur, une perte intolérable. C’est alors que s’accomplit tout le bénéfice de la métamorphose littéraire. En faisant son objet d’objets fictifs, considérés comme passés, la littérature porte sur notre présent une lumière qui nous est salutaire. L’éternité des représentations littéraires, ce présent fictif des livres, exprimé dans ce temps mystique, mystérieux, douloureux et salvateur, l’imparfait – est le temps de la mort et celui de la résurrection, le temps de la durée des choses soustraites à la durée, le temps de la préservation éternelle des choses qui ne sont plus. Ainsi, dans la littérature, le passage se fait, d’un saut, par le franchissement d’un seuil, du temps qui détruit au temps qui conserve. La littérature dit que les choses ont disparu, et elle dit contradictoirement que les choses disparues continuent de vivre éternellement. Vu sous la lumière de la littérature, le présent prend alors une couleur qu’on n’eût pas soupçonnée : celle d’une grande métamorphose. Nulle raison désormais de choisir entre l’aspiration au devenir, à l’avenir, et la haine des choses nouvelles qui vont engloutir le passé. On peut dès lors accepter que le présent doive s’abolir pour que le nouveau apparaisse, puisque rien n’en sera perdu. Ce que la littérature reproduit, indéfiniment, éternellement, c’est la joie et l’angoisse mêlées d’assister continûment à ce passage, à cette grande transformation.
我的译文: 永恒的现在
阅读,乃遵循故人之旨意。然而,文学并不为哪位先人记录言辞,求其不朽;阅读亦非聆听:那里无人诉说。故人缄默,唯有今人言语,然而,在那一片静默之中却隐藏着对永恒的忧思怅想吧。 文学如此,却只有在那些怀疑身后精神永存、作品不朽的人眼里如此。他们一面执着:一切并不会随着他们烟消云散,一面怀疑:其实,什么都不会被夺走。可是,如果这些都不过谎言一场,如果,只是美梦黄粱……掩饰了终将消散的结局,奈何?文学并不通向奈何桥的那畔,更不可能使我们至亲至爱之人重生,但是,她确是我们所能绘制的,关于永生、关于她给我们的影影绰绰的希望最绚烂完整的画面了。 生活中过去的种种,究竟是什么呢?无疑,它们死了,无论我们如何回忆,如何努力,都不可能重来。但是在书里回到过去却如入无生无灭之境。正如福克纳所说:“过去并没有死灭,甚至,根本就没有过去。”为什么?因为书籍只描绘了一个虚构的过去,虚构的事物的过去,从作者身上真实发生着的、发生过的一切之中截取部分加以创造。人皆有一死,但虚构的作品却不会如此。不经意间,命运轮转,作品沉落于岁月的潮水,作者却因此在某种程度上获得了永生。人受惠于不曾拥有之物,好比作品赋予其不朽,言语却逃不出有限的桎梏。这就是阅读,我们总是感动着,叹息着,欢喜着,又赞美着。真实的死亡与虚构的不朽交融了。于是,死亡与永生也学会了共存:永不停息地变化,不曾圆满,亦无尽头,在希望与绝望间游走。此“过去”非彼“过去”,甚至也不是“现在”。书籍开启了尘世的第三界:文字铸就的过去成了永恒。故而书里的过去并不曾发生。某种意义上,在文学的世界里,“过去”即在面前,它是我们的未来。 文学把我们带到了时间的另一个维度。过去再也不是死亡的国度,隐匿的一切在智者的注视下历历在目。有了文学,若非那些稍纵即逝的爱恋缠绵、炫目的阳光、林子里的潺潺流水,消逝的过去比我们此时此刻的生活更稳稳在握。我们伸出手,却抓不住现在,它好似架在滚滚车轮上把我们推向前,自己却滑向后,跌入深渊,消散,虚无……可是我们分明感受到了每分每秒,时间的悖论如此荒谬,让人无所适从。相反,文学的时间因为运用了各种语法时态而成为了永恒的现在,循环往复,永远不老。 于我们而言,“现在”是现实的影子。文学经验告诉我们,是现实本身发生着变化。在真实的世界里,现实不仅有着华丽新奇的外表,难以言说,不期而遇,同时它又在慢慢隐没,棱角渐渐模糊,未来的影子就是那消解了的样子。未来尚未到来,并不存在,甚至可以说,它是由“现在”消散而来,岁月流转,“现在”悄悄变成了过去,变成了遥远的过往。未来并非一个未见的世界在静静地揭开面纱,而是串串世事隐入了尘封的昨夜,是“现在”还未消逝前悄然演变的模样。未来,那样我们称作“未来”的东西,不过是在我们眼皮底下,浮出时间洋面的冰山慢慢蜕变的故事。 文学颠覆了时间的秩序。在文学的国度里,现实并不是未来的一部分,既然我在讲述这个故事,那故事里将会发生的种种早已存在。文学因而不似真实生活般给我以陡然新意,她带来的欢乐也总是夹杂着些许惆怅。然而,我却感受到别样的欢欣:未来是对过去的承诺,是新生的希望。唯有在文学中,“过去”才有将来。 平日里我们总会拙劣地计较永远也算不清的得失。时而认定那些事物的消亡是为了拥有未来而不得不付出的代价,时而却为之心痛不已,怅然若失。文学变形的好处便在此处显露无疑,她可以把假想的一切视作过往,而带给现实的,是阵阵冬日暖意,渗入心扉……文学演绎的永恒,书里虚拟的现在,从这样玄妙、神秘、伤感却又拯救万物的时态里缓缓道出——未完成过去时——留给死亡,也寄予重生,一切抵御了时间的侵蚀而延续,消逝的过去在它的庇护下化为了永恒。只是轻轻一跃,便跨过了那道槛,冲淡一切的时间从此凝注了不朽的记忆。 文学告诉我们,有些东西消散了,但它们将永远存在。无需怀疑,在文学的七色光里,“现在”披上了别样的外衣,完成了在时间这第四维度中的重大转变。我们再也不用左右为难,一面憧憬未来,渴望变化,一面又憎恶新事物吞噬了过去。从此,我们可以接受:为了未来得以崭露头角,必须毁灭现在,因为其实,一切都不会逝去。文学乐此不疲、生生不息地创造着的,是又惊、又喜、又惧、又怕地置身于这永无止境的转变之中…… August 19 因词害意之事竟是常有的港报专栏《英华浮沉录》结集而成《文字是肉做的》一书。一本正经坐在书桌前逐篇细读,不知怎地瞌睡虫竟上来。现在便习惯每天醒来,随手翻开一两篇,读来倒是饶有趣味、深味。今天那篇叫做“赶紧掏出我的文化”:
“文化”这东西飘渺得很,露一点点出来却又一眼看穿有没有。王阳明《传习录》里说良知有这样一段话:“尔那一点良知,是尔自家底准则。尔意念着处,他是便知事,非便知非,更瞒他一些不得。尔只要不欺他,实实落落依着他去做,善便存,恶便去。”文化修养大概也是这样,有那么一套准则,意念着处,花开花落都见玄机;切切实实去亲近他,不论是浮沉在功名利禄之中,还是跌荡于词场酒海之间,他都依偎在那里。
其实全文佳例俯仰皆是,只是这一段评论,看来清新不落俗套,却隐约觉得不知其所云,或者说,竟是为不落俗而为之,使得“不论…还是…”铺陈得有些过了,抢了本意的风头。倒是后一段说得实在:
都说语言文字之道衰蔽是基本功夫训练出错所致;其实此中更大的原因也许是世运升平、物力丰裕之际,整个社会的文化气息流于庸俗浮躁,再也不见灯火阑珊处的那个人了。
文末说道,德国纳粹时期一位党性甚强的剧作家Hanns Johst有一句对白说:“When I hear the word ‘Culture’ I reach for my revolver.”一九六零年代,纽约一条街上的一堵墙上出现了一行字,套的正是这句名言:“Whenever I hear the word gun, I reach for my culture.”
莫非白丁还是喜欢听大白话呵,But, it’s really the time to reach for our culture.
有时候,有些人,为了文词漂亮而说的一些话,随便听听才好…… August 10 L'efficacité à la française终于收到了传说中的公司邀请函和营业执照复印件,足足迟了一个月!而问题仅仅出在一个阿拉伯数字和一个拉丁字母上……
话说六月中旬,适逢又一度上海电视节,PDG来沪期间即邀请Viviane小朋友今夏去向往已久的法兰西卖苦力,急匆匆地要了她的护照扫描件去申请著名的劳工署证明信lettre de DDTEFP
可渐渐地杳无音讯……Paul小朋友对Viviane说les administratifs francais就是这样拖拉,不过放心,他们一般没理由不给你。好吧,那就等等咯~两周后,PDG打电话给Viviane小朋友,很高兴地宣布劳工署放行啦~信已寄出,等着收就好啦!
可渐渐地杳无音讯……PDG解释说寄的是平信,因为据经验,这个比挂号信快,是么?快得过Fedex?两周后,双方信息交流中无意发现:居然写错地址啦!好吧,反正即使成行也不足一个月,那劳工署的证明信也就不需要了,PDG“热心”地说那就快递再寄一份公司邀请信吧,4天就能收到,八月来还来得及!
可渐渐地杳无音讯……我已经懒得去等待邮递员叔叔了~
两周后的今天,信箱里乖乖地躺着那封迟到的邀请信,于是有了下面的mel(PDG休假去了,八月已全权由chargee de production负责):
Chere Viviane,Je suis véritablement navrée si cet envoi a été fait en courrier normal. C'est une stagiaire qui s'est chargé d'aller à la Poste, avec pourtant la consigne de l'envoyer en express. Vraiment, je suis désolée d'apprendre que ça n'a pas été fait correctement. 天呐!法国人的效率!!!! August 09 Bon voyage~忽然发现,手机上可以经常用petits messages你来我往打打闹闹的号码又沉寂了一个……好吧,那就送上祝福:
Bon voyage! 忞敏啊,安顿好了一定要报平安哦!五年呵,真漫长……但愿明天的明天,我们一切安好~ July 11 欢欢快快好起来~把酸奶从冰箱里取出来,泡了果珍,开了空调,等待欢欢来给他一个大大的拥抱~
可是……
欢欢说胃疼得呜哩呜哩……Déjà j'espérais préparer tous les repas pour toi, mon chéri! Fais gaffe aux quantités...Comment je m'inquiète pour toi...
上一篇还是开学前,转眼都已经戴过了学士帽。这也许是这么多年来最堕落也最开心的
一个学期了,是该收拾收拾心情,可我还是拙于应付生活中许多许多事…… March 02 Fin des vacancesFin des vacances d'hiver. Fin des jours solitaires. Mes vacances sont ratées, mais j'ai été gatée. Merci mon bien aimé, mon bien aimé de toute vie.
Séraphin en est heureux. February 25 EternitéMaintenant, je n'ai plus peur
et je me suis convaincue que c'est la réalité
et cela durera l'éternité...
如夢令
-----De mon cher CHU
玉質千春不改 亙古石頭心在 佛說有因緣 未说因緣誰宰 人海 人海 海上重盟可待 |
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